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Et le combat continue !

 
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sydney
Utopiste


Inscrit le: 05 Juil 2005
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Posté le: Sam Mar 11, 2006 7:02 pm 
MessageSujet du message: Et le combat continue !
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Citation:
EXTRAIT DU MONDE 2
Supplemnt au Monde N° 18983 du samdi 4 février 2006

Et le combat continue !

Le planning familial a fêté un demi-siècle d’existence le 8 mars.
Cinquante année de luttes pour les droits des femmes. Pour les droits à la contraception, à l’avortement, à égalité homme-femme. Puis pour l’application effective de ces droits. Et, aujourd’hui pour leur maintien, alors qu’ici et là des signes de régression se font jour.

En cinquante ans, les Françaises ont gagné la libre disposition de leur corps et une nouvelle place dans la société. Un petit effort de mémoire : en 1956, les femmes qui n’ont le droit de vote que depuis 12 ans vivent sous la coupe de leur mari, contraintes à la procréation puisque ni la contraception, ni l’avortement ne sont autorisés.
Cinquante ans plus tard, une jeune fille de 16 ans peu obtenir gratuitement la pilule du lendemain en pharmacie et avorter sans autorisation parentale. Victoire ? Ce serait oublier que cette même jeune fille, sur le chemin de la pharmacie, ce sera peut-être fait traiter de " salope " par les garçons du quartier simplement parcequ’elle porte une jupe et ne baisse pas les yeux… " Il y a clairement une régression des droits des femmes dans les banlieues, liée à une situation sociale qui s’aggrave, à une recherche d’identité qui favorise toute les manipulations, en particulier des islmistes radicaux ", doit constater la secrétaire général du Planning. Plus généralement , poursuit-elle on assite en France comme aux Etats-Unis, à un certain retour a l’ordre moral. Le thème du " droit à la vie ", l’idée d’un statut de l’embryon et dus fœtus réapparaissent et remettent du même coup l’accès à l’avortement. Depuis 2001 aucun gouvernement n’a organisé la moindre campagne d’information sur la contraception, comme si on gommait le fait que les adolescent ont une sexualité. Du coup l’usage du préservatif baisse et la pillule inspire de nouveau la méfiance…les violences ne sont pas éradiquées , les mariages forcé augmentent… "

1920 : la loi à rendu illégaux contraception et avortement. Les femmes doivent impérativement repeupler une France saignée par la guerre de 1914-1918. C’était l’époque ou les femmes vivaient dans le fatalisme sans moyen aucun de maîtriser leu fécondité, donc leur destin. " Bien sûr elles aimaient leur enfants, mais il y avait un sentiment d’armertume terrible. ". En 1961 ouvre à Paris le premier Centre du Planning Familial. Pour contouner la loi, le but officiel n’est pas de contourner les naissances, mais d’améliorer la santé des mères et des enfants, et de lutter contre les avortements clandestins en planifiant la croissance de la famille. Seules les adhérentes ont accés aux informations. Autant dire que leur nombre explose dans les années 1960. Dans ces années si pesantes, le Planning représentait une bouffée extarordinnaire de liberté ! Pour la première fois, les femmes discutaient sexualité entre femmes, en dehors du corps médical. " on n’avait jamais eu aucune information ! au moment de ma première grossesse, quand j’avais posé des questions sur le déroulement de l’accouchement, on m’avait répondu que je verrai bien ! "

Sous l’influence du planning qui diffuse les contraceptifs et forme des centaines de médecins : 16000 femmes au moins utilisent une contraception en 1963. Elles sont près de 100 000 en 1967. Cette année là, la loi Neuwirth entérine un état de fait qui a rendu obsolète la loi de 1920. La contraception deviens légale. Mais les décrets d’application tardent… L’église et une bonne partie du corps médical font barrage. Il faut attendre 1968 pour que la donne change réellement. " On vivait une telle hypocrisie, une telle inégalité sociale ! Il fallait l’équivalent de 300 euros pour aller avorter en Angleterre… quand les femmes venaient au Planning Familial pour une adresse de clinique, on leur donnait rendez-vous dans un bistrot parcequ’il y avait régulièrement des descentes de police au Planning. Mais pour celles qui était sans ressource, on ne pouvait rien faire. On savait qu’elles avorteraient clandestinement et c’était insuportable. Des jeunes médecins nous racontaient l’horreur des samedis soir aux urgences : les curetages sans anesthésie, les morts par septicémie. Les femmes ne venaient à l’hopital, qu’une fois qu’elles avaient beaucoup saigné pour être sures qu’on ne se contenterait pas de leur donner un traitement pour raccrocher l’œuf… "

En 1975, lorque la loi Veil est votée c’est indéniablement une " victoire extraordinnaire ". même si le goût est amer ! " on réalisait l’importance de la misogynie et du mépris. On avait l’impression que le monde des hommes et celui des femmes étaient deux monde qui s’ignoraient. "

1975-2000

En 1979, la loi sur l’IVG qui n’était que temporaire est revotée définitivement. En 1981 la gauche arrive au pouvoir et l’année suivante l’IVG est remboursé par la sécurité sociale.

Mais l’euphorie est de courte durée. A la fin des années 1980, Danielle Gaudry (gynécologue-obstétricienne de 40 ans et militante en faveur des femmes) déchante : " De la part de la gauche on attendait une révolution sociale beaucoup plus importante… "
Surtout le sida fait son apparition qui ruine bien des efforts. " Là il fallait de nouveau parler de risques et de contraintes… Le thème de la fidélité revient. La femme se retrouve à nouveau sous l’emprise d’un seul homme, recommence à se mettre en couple stable très jeune " observe stupéfaite la gynécologue. " Dans mon cabinet par exemple quand je reçois des jeunes filles de 18-20 ans qui partent sans leur copain en vacances, j’ai l’habitude de leur suggérer d’emporter une poignée de préservatifs. Désormais, elles s’offusquent, me disent qu’elles sont fidèles. Ça m’attriste ! Quand je repense à nous au même age… "
Dans ce contexte de " retour à l’ordre moral " et de montée de l’extrême droite, les actions des commandos anti-IVG prospèrent dans les années 1990. " on a dû contre-manifester, assister au procès. C’était désespérant ! on ne se battait plus pour des droits nouveaux mais pour maintenir l’existant ! " Et cela avec des troupes qui se sont réduitdes comme une peau de chagrin. " Les jeunes semblent très consommateurs, très repliés sur eux-mêmes. Ils ne cherchent que des solutions individuelles quand nous cherchions des solutions collectives. Ils ne rêvent plus d’un changement radical du monde. "

Danielle Gaudry prend en 1999 la tête du mouvement qui s’essoufle. " Le Plannig ne pouvait pas mourir. Il restait trop de choses a faire ! On était, on est toujours en pleine phase de régression par rapport au statut des femmes dans notre société. " dans son cabinet de gynécologue elle a le sentiment de recevoir de plus en plus de femmes complètement " paumées " qui ont simplement du mal à trouver sa porte et à arriver à l’heure du rendez-vous. " Elles sont tellement assommés par ce qui leur arrive ! Ceux sont beaucoup de mère seule, sans emploi, licenciées, qui dépensent toute leur énergie pour survivre sans véritable espoir de s’en sortir. "

Danielle Gaudry désespère aussi du retour de toutes ces attitudes sexistes que les femmes de sa génération pensaient avoir définitivement éradiquées. " Dans les années 1980, les filles s’apercevaient en cherchant du travail, et surtout en annonçant à leur patron leur première grossesse qu’elles n’étaient pas l’égale de l’homme. Mais à l’école elles avaient une impression d’égalité. Aujourd’hui c’est dès le lycée qu’elles perdent leurs illusions. Je suis ahurie de voir des filles sui ont fait toutes leur études en France s’enfermer chez elles pour élever leur enfant parcequ’un mari le leur demande ! La crise économique, le chômage, le congé parental ont refait basculer trop de femmes dans les tâches traditionnelles. "

2000-2006

Khadija Azougach marocaine de 30 ans doctorante en droit privé consacre bénévolement son temps libre au Planning Familial. Elles fus sensibilisé par sa mère qui rapidement veuve, a mis un point d’honneur à élever ses filles comme ses garçons. " Je crois que cela à commencé au collège tente de se souvenir la jeune femme. J’incitais les filles à se révolter. Je ne comprenais pas pourquoi elles acceptaient comme une fatalité que les parents leurs interdisent de s’inscrire dans un club de sport mixte, qu’ils chronomètre leur trajet école-maison, ou que leur grand-frère ait un tel droit d’ingérence dans leur vie… " Les professeurs et conseiller d’orientation qui avec tact et délicatesse suggèrent alors à toutes les fille de " faire des métiers de bouffe " parce que les cursus sont courts, et que là au moins, elles sont compétentes ", la mettent hors d’elle. Comme un pied de nez a leur encontre Khadija se lance dans des études de droit et d’anthropologie.

Elle énumère inquiète : ces jeunes filles qui considèrent de nouveau l’avortement comme un meurtre, et préfèrent mener des grossesses très précoces ; la pénurie de médecins spécialisés dans l’IVG ; les refus trop fréquent de prescrire l’IVG médicamenteuse ; les nombreux pharmaciens surtout en campagne qui enfreignant la loi, n’acceptent pas de délivrer gratuitement la pilule du lendemain aux mineures ; le préservatif masculin jugé trop cher ; le préservatif féminin pas du tout utilisé par des filles qui n’osent pas toucher leur corps.

Autre combat à mener d’urgence, selon elle : celui des violences sexuelles. Encore taboues pour certaines institutions, banalisées à l’extrême chez les jeunes. " Récemment encore, nous avons dû former des policiers et des gendarmes. Ils n’entendent pas ce que les femmes leur disent, et ont tendance a les orienter davantage vers un psychologue que vers la plainte. Les jeunes garçons sont persuadés qu’il est normal d’être brutal pendant l’acte sexuel. " Et dans tout les milieux sociaux on trouve des gas pour considerer les viols collectifs comme un jeu ! " s’alarme Khadija.

Sexisme, machisme, homophobie. Il ne sagit plus tellement de faire évoluer le droit, bien d’avantage d’influer sur les mentalités. De mener la guerre aux stéréotypes. " Aujourd’hui, quand on intervient en collège sur la contraception, les filles n’osent pas s’exprimer, de peur de passer pour des dévergondées. Elles sont soumisent et fatalistes. Certaines en sont réduitent à nous laisser une feuille, à la fin, avec leurs questions… Même en centre ville, des filles nous disent qu’en tant que femmes il est normal de souffrir. Un jour pousuit-elle, dans une classe, un garçon a: " ferme ta bouche " dit à une fille qui répondait à l’une de mes questions. Le professeur n’est même pas intervenu. Ça ne se serait jamais produit quand j’étais collegienne ! Le professeur s’est justifié auprès de moi à la fin du cours d’un : " c’est comme ça chez eux de toute façon ! " Mais il faut lutter contre le relativisme culturel ! Les profs se déchargent de leur responsabilités au nom d’une culture qu’ils ne connaissent même pas ! Pourtant les femmes ont droit au respect quelle que soit leur culture.

Dans les réunions internationales du Planning, Khadija s’est aperçue que la France est " à la traîne, s’est reposée sur ses acquis sans intégrer certaines problématiques nouvelles. " Un seul exemple, qui en dit long à ses yeux : les violences conjugales. " En Espagne, en Suisse, on évince le conjoint violent du domicile dès que la femme porte plainte. En France, c’est à l’appréciation du procureur pendant la procédure. Les femmes cherchent un hébergement d’urgence. Et comme il n’y en a pas assez, elles doivent revenir chez elles et se désister de leur plainte ! "
 
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