Fred Utopiste
Inscrit le: 30 Nov 2004 Messages: 4009 Localisation: On la vue ici sur y'ame
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Posté le: Mar Sep 19, 2006 3:45 pm
Sujet du message: Pour des candidatures unitaires "avec la LCR |
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| Position de la LCR a écrit: | Aux camarades
militants et sympathisants
du Parti communiste
français
Chers camarades,
En 2005, nous avons mené une campagne unitaire qui a permis la victoire du Non au projet de constitution libérale européenne. La construction de cette nouvelle convergence unitaire, et son écho de masse, a suscité beaucoup d’espoirs, notamment celui de continuer cette dynamique pour les prochaines échéances électorales. Dans ce cadre, tout le monde s’accorde à reconnaître la responsabilité particulière du PCF et de la LCR. Or, pour le moment, des désaccords politiques importants existent qui empêchent d’aller ensemble aux élections. Essayons de faire le point, ensemble . Nous faisons le même constat : la logique de la mondialisation libérale et impérialiste entraîne, d’un côté, une concentration croissante des richesses et, de l’autre, une aggravation des inégalités sans précédent, avec la pérennité d’un chômage de masse, la généralisation de la précarité, la pauvreté voire la misère. Ce contraste est d’autant plus révoltant que les progrès scientifiques et techniques sont prodigieux. La dictature de la finance n’est pas une formule, mais une terrible réalité. En cette rentrée, ce constat s’impose à tous. L’explosion des profits a pour corollaire le recul social, le chômage, la destruction progressive des services publics. La question de l’immigration en est une illustration. Elle est au coeur des luttes avec la défense des enfants sans papiers ou de ceux de Cachan. On ne peut trouver de solution aux drames que vivent des centaines de milliers de travailleurs sans papiers dans ce pays par la politique dite de «l’immigration choisie », c’est-àdire par les méthodes policières de Sarkozy, ou de « l’immigration adaptée » que défendent Ségolène Royal et le Parti socialiste. Les drames de l’immigration sont le produit de la politique des multinationales, de la concurrence mondialisée qui aggrave la misère et le dénuement des populations des pays pauvres. C’est bien cette politique qu’il s’agit de battre en brèche pour mettre l’économie au service des peuples, des classes populaires, des pauvres et donc sous leur contrôle.
C’est votre combat, c’est aussi le nôtre
Nous voulons, nous aussi, battre la droite, l’arrogance du MEDEF et la démagogie populiste insupportable
de Sarkozy. Mais battre la droite signifie, aussi, s’opposer à toute politique sociale-libérale menée par la gauche et qui ne peut, qu’une fois de plus, écoeurer le monde du travail, renforcer l’abstention, voire le Front national. C’est à cause de sa politique que Jospin a perdu les élections. Certes, votre parti ne propose pas de refaire les expériences de la gauche plurielle gouvernementale qui vous ont coûté si cher, mais il propose un « rassemblement majoritaire de toute la gauche », PS inclus, pour mener une politique de « rupture avec le libéralisme ». Et, pour rendre crédible cette hypothèse, il découvre que le débat de candidatures qui ravage le PS n’est pas un débat de personnes mais un débat fondamental entre deux orientations : l’une représenterait une orientation social-démocrate, l’autre une orientation social-libérale. Mais où est le débat de fond entre Lang, Royal, Fabius ou Strauss Khan qui, tous, se sont ralliés, lors du congrès du Mans, au programme social-libéral de la direction ? Arrêtons de créer des illusions sur la direction du PS qui pourrait se convertir à l’anticapitalisme, arrêtons de faire croire que le Non de gauche au référendum est une base suffisante pour élaborer une alternative, au moment où la plupart de nos « alliés » socialistes se rallient à la direction du PS et à son programme (Fabius, Emmanueli, Montebourg…et Mélenchon qui soutient Fabius). Dans cette situation difficile, la clarification est indispensable. Elle passe, d’abord, par un soutien unitaire aux mobilisations sociales qui ont repris le dessus : 2003, 2004, la victoire du non le 29 mai, le succès de la jeunesse contre le CPE et, aujourd’hui, la défense du service public à EDF et GDF. Notre responsabilité commune est d’offrir des perspectives à ces mobilisations, d’aider à leur convergence pour qu’elles puissent inverser le rapport de force. Tout le passé le démontre, il n’est pas possible de changer les choses, d’enrayer la logique capitaliste sans changer le rapport de force entre les salariés, les classes populaires et le patronat. Autant nous ne sommes pas prêts à aller gouverner avec le PS, autant nous nous battons à l’occasion de chaque mobilisation (droits des immigrés, CPE, EDF-GDF) pour réaliser le soutien le plus large possible, notamment avec le PS. Le débat que nous avons avec vous, ou dans les collectifs pour des candidatures unitaires, n’est pas sur des virgules. Dire qu’on refuse tout accord parlementaire ou gouvernemental avec le PS n’est pas la même chose que de s’engager à refuser de gouverner avec le « social-libéralisme ». En France, un seul courant du PS se dit social-libéral, celui de Bockel. Ségolène Royal affirme que son programme est « socialiste ». Le refus de faire la clarté sur ce point crucial permet, dans la pratique, toutes les compromissions avec le PS, comme la réunion de « toute la gauche » convoquée par M-G Buffet, à la fin du mois, ou le refus du PCF de Bordeaux de notre proposition de faire une liste commune aux municipales avec la gauche « anti-libérale et anticapitaliste», au profit d’une liste unitaire dirigée par le PS. C’est cette pratique qui explique notre vigilance, surtout dans une Europe où l’on a pu voir comment la majorité du PRC italien (Refondation Communiste) est passée d’un non radical à l’Europe libérale à une
participation gouvernementale avec Prodi. Vous êtes aujourd’hui devant un choix stratégique : construire avec nous et toutes les forces anticapitalistes un front commun pour les luttes comme pour les élections ou garder, même sous une autre forme, la perspective d’une alliance de toute la gauche (mêlant sociaux-libéraux et anticapitalistes, partisans du Oui et du Non) pour participer à une majorité gouvernementale. Nous n’avons jamais refusé, par principe, « la perspective » d’aller un jour dans un gouvernement, mais cela implique une situation de mobilisations populaires telles qu’elles puissent imposer un affrontement avec le patronat, permettant une politique qui s’en prenne au profit, rompe avec la logique libérale de la rentabilité financière et assure un contrôle des travailleurs..
Pour aider à clarifier le débat, plusieurs rencontres ont eu lieu avec une délégation de votre Direction. Au
mois de juin, nous étions convenu d’ouvrir une discussion publique sur la base d’un échange de textes sur la stratégie. Nous avons envoyé notre contribution, mais elle est restée sans réponse. Aucune confrontation politique sur la stratégie n’est prévue cette année à la fête de l’Humanité. Chaque fois, l’argument avancé est qu’il ne faut pas se limiter à des tête-à-tête entre organisations et que c’est « au peuple de s’emparer du débat et de trancher ». Véritable diversion, quand on sait qu’il n’existe aucune structure de mobilisation populaire de masse, et qu’en dernière analyse, ce sont les congrès ou conférences d’organisation, dont la vôtre, en Octobre, qui vont trancher !
Lors de la réunion des collectifs unitaires du 10 septembre et des discussions préparatoires, nous avons défendu les mêmes positions que celles que nous avions défendues dans ce texte. Tous nos amendements, comme ceux des collectifs unitaires locaux, ont été rejetés sans vote, par acclamation, par une salle dont personne n’est capable de juger la représentativité.
En juin dernier, nous avons décidé de présenter Olivier Besancenot, tout en poursuivant le débat Nous sommes prêts à retirer sa candidature, en cas d’accord politique. Mais, n’ayant pas comme vous des centaines de maires, nous ne pouvons pas attendre la fin de l’année et nous retrouver bec dans l’eau en
novembre en cas d’absence de candidature unitaire Nous souhaitons continuer le débat. Il ne concerne pas seulement nos deux partis, mais bien l’ensemble du mouvement social et ouvrier, l’ensemble des composantes des collectifs unitaires, les travailleurs et la jeunesse, tous ceux qui veulent changer le monde et ne se reconnaissent pas dans la gauche libérale.
Nous voudrions espérer que les nouvelles relations que nous avons construites s’enrichissent, gagnent en
ouverture et en démocratie, pour qu’elles puissent être pleinement utiles à l’unité et au développement des luttes et, demain, à la construction d’une nouvelle force anticapitaliste . C’est l’intérêt de tous. Mais cela suppose la clarté dans les alliances et les perspectives.
Le 14 septembre 2006 |
| militant-e-s n’appartenant ni au PCF ni à la LCR a écrit: | Lettre à Olivier Besancenot et à la direction de la Ligue Communiste Révolutionnaire[size=3]
mardi 19 septembre 2006
Camarades
Notre " politique autrement " se construit. Nous te demandons, Olivier, ainsi qu’à toute la LCR d’y participer activement.
Nous souhaitons que les procédures de vote des AG de représentant-e-s des collectifs unitaires et populaires soient effectivement plus rigoureuses. Mais nous souhaitons aussi que les enjeux qui y mènent soient plus transparents, exposés et débattus clairement sur la place publique. Et que chacune des 2 grosses structures partidaires que sont la LCR et le PC y contribuent plus nettement.
Le vote de validation du texte Ambition - Stratégie - Candidatures a suivi une procédure cavalière que nous récusons : la majorité des présent-e-s ont accepté le texte en l’état et sans ambiguïté ainsi que le mode d’intégration ou de rejet des amendements, mais il aurait dû aussi être fait état des voix contre ou abstentionnistes ou NPPV. Cela ne doit pas se reproduire.
Cependant les débats ont eu lieu, antérieurement, et ont montré qu’une majorité des collectifs s’opposaient clairement à une stratégie "unioniste" de subordination aux instances du PS et tenaient à s’en donner les moyens mais tenaient tout autant à ce que nos candidatures soient des instruments pour gagner et non simplement pour témoigner.
La déclaration de Pierre-François Grond, le 10 au matin, allait, il nous semble, dans ce sens. Et sur le texte, il n’a pas exprimé explicitement de réserves qui pourraient, après coup et de façon absolue, motiver votre refus d’être partie prenante de l’alternative unitaire, pas plus que la LCR ne l’a fait à la précédente réunion du collectif nationale du mardi 5 septembre.
Au sein de l’alternative unitaire, nous comptons, avec la vigilance des collectifs unitaires et populaires, dépasser les erreurs et veiller, à chaque étape, au développement d’une "politique autrement" digne de ce nom. Nous sommes persuadé-e-s que les risques toujours possibles d’instrumentalisation de notre rassemblement seront toujours contreproductifs pour tou-te-s et combattus résolument par nous.
Nous souhaitons que vous soyez pleinement partie prenante du rassemblement autour de candidatures unitaires pour permettre une rupture franche avec le système libéral qui sévit largement dans notre pays, depuis 23 ans et plus.
S’il y a eu, entre l’intervention de Pierre-François Grond le matin et celle de Claude Debons et le vote du texte l’après-midi, un élément précis, acceptable et réaliste à revoir dans ce texte pour que la LCR puisse être à part entière dans le rassemblement de l’alternative unitaire, nous souhaitons le revoir avec vous de toute urgence.
Sinon, nous souhaiterions comprendre pourquoi cette intervention de Pierre-François Grond clairement ouverte à tous les possibles aboutit le lendemain, dans le cadre de La Lettre Rouge de la LCR à un déni complet d’une possible entente et ce, malgré les efforts de centaines de militant-e-s, représentant-e-s d’une majorité de collectifs, pour trouver le chemin démocratique de l’alternative unitaire, aujourd’hui comme hier, et demain durablement.
Fraternellement
http://www.alternativeunitaire2007.org/spip/article.php3?id_article=323
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| MGB qui se voie déjà, mai exclus la LCR a écrit: | undi 18 septembre 2006 (17h37) :
Marie-George Buffet : intervention dimanche à la fête de l’Huma
5 commentaire(s).
Bellaciao convoqué au TGI de St Nazaire !
Soutenez Bellaciao : en signant ici, en savoir plus ici, un don ici, + d’info
de Marie-George Buffet
Chers amis, chers camarades,
Oui, nous allons nous mobiliser pour l’Huma. Ce journal qui nous donne la parole et nous rassemble, nous qui rêvons d’un autre monde.
Ce journal, l’Huma, c’est celui du non de gauche victorieux. Celui de la jeunesse mobilisée pour le retrait du CPE.
Oui, nous avons besoin que l’Huma vive !
La fête de l’Huma est à son image. En arpentant les allées, j’y ai ressenti votre force, la force de celles et ceux qui s’engagent, qui luttent, qui refusent de se couler dans le politiquement correct dans lequel on veut les murer.
Une force qui peut déplacer des montagnes lorsque nous sommes rassemblés. Oui, rassemblés.
Femmes et hommes de toutes générations, salariés ou privés d’emplois, avec ou sans papiers, nous voulons que notre vie change, nous voulons que le bonheur et la fraternité, le partage et le développement de toutes les capacités humaines, soient à l’ordre du jour.
Oui, nous sommes des milliers ici à considérer que chaque homme, chaque femme vaut plus que tout l’argent de la planète.
Nous sommes des millions dans ce pays à partager la même révolte et la même attente, parfois censurée, parfois affirmée, d’un monde meilleur.
Nous voulons la paix.
Il y a peu, la guerre faisait rage au Liban et à Gaza, tuant femmes et enfants. Le président Bush et ses fidèles ont argumenté sur le droit à la guerre.
Nous, ici, nous revendiquons le droit à la paix : la paix comme seul avenir possible. La paix construite sur le droit et la justice. La paix pour un Liban souverain et un Etat palestinien indépendant, vivant en coopération avec l’Etat israélien. Solidarité avec le peuple libanais. Solidarité avec le peuple palestinien !
Face au terrorisme insensé, face à la prétendue guerre des civilisations qui mène le monde à sa perte, oui, nous sommes des millions à dire : solidarité de par le monde.
Comment accepter l’exploitation des enfants dans le monde par des multinationales ivres de profits ?
Comment accepter le sort réservé à l’Afrique ? Comment accepter les barbelés et les naufrages qui tuent tant d’hommes et de femmes fuyant la misère ? Comment ne pas faire corps avec les peuples qui se lèvent en Amérique Latine ?
En leur nom, nous voulons toutes et tous ici un ordre international basé sur le co-développement. Oui nous prenons le parti des peuples contre le capitalisme mondialisé !
Nous sommes des millions à vouloir préserver la planète pour nos enfants. Nous ne voulons pas de ce productivisme qui met en danger l’air, l’eau, les forêts, au nom des dividendes des actionnaires.
Pour les générations futures, prenons le parti d’une agriculture, d’un développement respectueux des êtres humains ! Oui, ici, nous prenons le parti de l’écologie !
Nous sommes des millions à penser qu’il n’y aura pas d’émancipation humaine sans l’égalité entre les femmes et les hommes. Soyons toutes et tous ici du combat féministe !
Oui ici prenons le parti de l’être humain contre toutes les dominations et discriminations !
Oui, nous sommes ici rassemblés pour tout cela et parce que nous avons lutté ensemble, gagné ensemble. Nous avons fait souffler un vent nouveau d’espoir et de liberté. Ce vent nouveau, nous le portons dans les luttes.
Oui cette droite, nous allons lui faire ravaler son arrogance, nous allons la faire reculer... Pour parler clair, nous voulons qu’elle s’en aille. Nous la battrons en 2007 !
Le Premier ministre Villepin vante son bilan. Le pouvoir d’achat ça va mieux ! L’emploi ça va mieux ! Mais ce n’est pas pour le peuple, c’est pour les patrons du CAC 40 que ça va mieux : 50 milliards de profits en 6 mois ! Que les ténors de la droite n’aient aucune illusion ! Entre eux et le pouvoir, ils vont nous trouver, nous allons leur barrer la route. Et pour cela nous allons dresser l’inventaire de ces cinq années au service du grand patronat.
Non, nous n’avons pas oublié : casse des retraites, et ils veulent aller encore plus loin, matraquage de la Sécurité sociale, sape de l’assurance-chômage.
Nous n’avons pas oublié : casse du droit du travail ; hymnes à la précarité ; destruction des services publics ; Casse du logement social.
Nous n’avons pas oublié : traque des immigrés jusque devant les guichets de la République, charters, lois contre nos libertés, opérations musclées.
Nous n’avons pas oublié : les jeunes réduits à la précarité, stigmatisés, les mots de « racaille » et de « karcher ».
Nous n’avons pas oublié leur Constitution pour une Europe libérale et le mépris de la volonté du peuple.
Le ministre de tout, Nicolas Sarkozy, le serviteur zélé du capitalisme, dessine la France qu’il veut. Une France où les nantis imposent leur loi : travailler plus et se taire !
Le président de l’UMP s’est éclaté aux Etats-Unis. Il a vu Bush pendant 20 minutes. 20 minutes d’extase. Sa politique de classe, sa politique liberticide, sa politique de division de notre peuple, il l’a faite reconnaître par un expert : le fauteur de guerre de la planète.
Imaginez un instant que ce "petit Bush français" soit le président de notre République. Danger pour les libertés, danger pour les droits, danger pour le rôle de la France dans le monde. Mais rassurez-vous nous n’en sommes pas là.
Nous allons lui faire barrage. Tous ensemble ! Avec les bénévoles du réseau Education sans frontières et les élus, pour que les enfants ne soient pas arrachés à leurs copains. Avec les Polimeri, les Trefimétaux et les Fabio Lucci qui se battent pour l’emploi et les salaires. Avec les intermittents. Avec toutes celles et tous ceux qui se battent comme les familles de Cachan pour le droit au logement, avec toutes ces femmes qui se battent pour leur dignité. Avec tous ces jeunes qui demandent des moyens pour étudier ! Avec les gaziers qui se mobilisent pour que l’énergie reste notre bien commun !
Oui tous ensemble nous allons abattre le mur de l’argent-roi et du tout-marchand !
Nous voulons que la liberté, l’égalité, la fraternité descendent des frontons des mairies pour envahir la vie quotidienne.
Nous sommes des millions à vouloir du bonheur commun.
Nous sommes la majorité. Alors tout est possible.
Mais il faut nous rassembler.
Il faut une gauche populaire, courageuse, audacieuse qui porte contre vents et marées une politique qui change la vie.
Je le sais. Certains d’entre-vous doutent devant les offensives libérales et les renoncements de la gauche. C’est vrai, de recul en recul, certains de nos concitoyens sont tentés par le repli, le rejet de l’autre, celui qui vient d’ailleurs, celui que Le Pen et Villiers, ces richards haineux, montrent du doigt. Eh bien je le dis avec force. L’autre cet homme, cette femme est de notre famille et de notre équipe. C’est avec lui et elle que nous gagnerons. Tous ensemble !
Bien sûr, pour écraser un peu plus l’espoir, on nous organise un grand show à l’américaine pour 2007. Aux hommes et aux femmes de gauche qui regardent ce mauvais scénario depuis leurs vies dévastées, je veux leur dire qu’ils valent mieux qu’une élection de télé-réalité.
Tout est fait pour nous mettre dans les clous du bipartisme : les clous de l’Europe libérale, les clous du CAC 40, les clous de l’OMC, les clous de ceux qui dominent le monde... La pensée unique continue son matraquage... C’est tout cela qui peut nous provoquer un nouveau 21 avril. Eh bien, moi, j’affirme qu’un autre chemin est possible. Je suis prête au débat projet contre projet. J’affirme qu’existent les moyens financiers et démocratiques d’un changement radical de politique en France et en Europe.
Depuis des mois, loin des projecteurs, des milliers d’hommes et de femmes construisent à ciel ouvert, dans les collectifs unitaires, dans les luttes, un programme antilibéral que pourrait porter une majorité, un gouvernement de gauche à votre image.
C’est pourquoi ici de la fête de l’Huma, je veux lancer cet appel. Vous qui demain pointerez dans votre entreprise, ouvrière ou employé ; vous qui serez dans l’amphi surchargé ; vous qui avez rendez-vous à l’ANPE ; vous qui attendrez des heures pour des papiers, vous les hommes et les femmes que l’on bâillonne et précarise, vous dont le cœur bat à gauche ; ne vous laissez pas voler l’élection présidentielle.
Rassemblés, vous pouvez encore tout bousculer, vous pouvez construire un projet transformateur, une candidature qui porte vos aspirations au pouvoir.
Vous voulez toutes et tous une école de la réussite pour vos enfants. Ce n’est pas en remettant en cause la carte scolaire que l’on va y arriver. C’est en y mettant les moyens nécessaires. Oui, il faut plus d’enseignants et d’infirmières scolaires. Et que l’on ne nous dise pas que les caisses de l’Etat sont vides ! Pour l’école, la recherche et la culture, il faut aller prendre l’argent là où il est inutile, dans les grandes fortunes et à la Bourse. Une gauche populaire doit engager une grande réforme fiscale et faire éclater le pacte de stabilité.
Aux quatre coins du pays, des syndicalistes me présentent des plans alternatifs pour éviter la fermeture de leur usine. On ne les écoute pas. Le seul critère qui vaille pour ceux qui nous gouvernent, c’est la rentabilité financière. Eh bien une gauche populaire devra inscrire d’urgence une loi donnant aux salariés et aux élus un réel droit d’ingérence dans la gestion des entreprises. Les jeunes ont battu le CPE. Mais la précarité demeure. Eh bien une gauche populaire devra engager la construction d’un véritable système de sécurité d’emploi ou de formation.
Il y a quelques mois, le groupe Mittal a englouti des dizaines de milliards d’euros pour racheter Arcelor. Eh bien pour utiliser l’argent autrement, une gauche populaire devra créer un pôle financier public qui permettrait de mobiliser le crédit au service de l’emploi et du développement durable.
A l’image de nos élus qui se battent, pied à pied, au Parlement, la gauche doit s’engager à reconstruire un grand secteur public.
Et j’en prends l’engagement devant vous. Dès que la France occupera la présidence de l’Union européenne, une gauche populaire devra taper sur la table de la Commission et dire : Terminé, les directives de libéralisation. Réorientons la Banque centrale européenne, et allons-y, lançons un grand débat citoyen pour un nouveau traité européen ! Oui, l’Europe sociale, démocratique et pacifique, nous allons la construire ! C’est ça notre plan B.
La sécu et les hôpitaux publics sont asphyxiés. Eh bien faisons cotiser les revenus financiers !
Les grands patrons s’assurent de bons salaires et de bonnes retraites. Et bien pour nous, c’est le SMIC à 1500€ tout de suite ! C’est la retraite à 60 ans ! C’est l’augmentation des salaires et des minima sociaux, comme l’allocation adulte handicapé !
Oui, il faut que la gauche populaire antilibérale s’engage sur tout cela.
Il faut qu’elle en finisse avec la monarchie présidentielle. Construisons une nouvelle République où vous aurez de véritables droits d’intervention dans les affaires publiques. Où les résidents étrangers auront enfin le droit de vote. C’est une question de justice !
Chers amis, chers camarades, Tout ceci vous le voulez, et tout ceci est possible. Tout dépend d’une volonté politique appuyée sur l’intervention populaire. Tout ce que je viens d’évoquer peut se traduire en lois et dans notre quotidien.
Tout ce que je viens d’évoquer peut être porté au sein de l’Union européenne pour changer son cours.
Cette autre politique, nous ne la travaillons pas pour 2012 ou 2017. Nous voulons la mettre en oeuvre dès 2007. Il y a urgence sociale et démocratique !
C’est mon seul objectif. Et je le sais, vous l’avez aussi constaté, c’est le seul objectif des hommes et des femmes qui composent le Parti communiste français. Avec eux pas d’esprit de boutique, pas de tentation hégémonique, simplement un engagement sincère, un engagement formidable pour qu’enfin nous battions la droite durablement, et réussissions à gauche.
Un engagement, avec d’autres, épris de justice et de liberté, un engagement utile dans les luttes concrètes que l’on mène au jour le jour, dans son quartier ou son entreprise. Utile dans la recherche et l’énoncé d’alternatives politiques au monde dans lequel nous vivons. Utile pour contribuer aux larges rassemblements qui font l’amorce des grandes victoires populaires !
C’est pourquoi je ne veux pas restreindre le champ du rassemblement. Je le veux le plus large possible et donc majoritaire.
C’est pourquoi je réfute l’idée de candidatures qui seraient sans ambition et qui laisseraient libre cours au social libéralisme, voire hélas, à la droite. C’est pourquoi je n’accepte pas que la gauche populaire soit cantonnée à un rôle protestataire ; je veux que tous et toutes ensemble nous créions une dynamique débouchant sur une majorité et un gouvernement antilibéral qui fassent droit à ces exigences.
Et cela nous sommes des millions à le vouloir. Et pour cela il nous faut une gauche qui ne se retire pas dans les palais de la République mais qui les ouvre aux quatre vents.
Une gauche qui ne se laisse pas emporter par les vagues libérales mais les combat.
C’est cette gauche-là que nous sommes en train de construire ! Nous sommes déjà des milliers à nous réunir aux quatre coins de la France comme nous l’avons fait contre l’Europe libérale et contre le CPE.
Mais aujourd’hui, il nous faut encore élargir le mouvement. Nous ne sommes pas encore suffisamment nombreux.
Dans chaque commune, faisons vivre et créons des collectifs unitaires ! Soyons tous et toutes les candidats et les candidates d’une gauche qui porte nos aspirations et nous donne le pouvoir de décider de nos vies. C’est ce combat commun qui me motive, c’est cette ambition que je veux servir !
Oui, rassemblons-nous, comme nous avons déjà su le faire, hommes et femmes engagés dans les associations, militants féministes, syndicalistes, altermondialistes, hommes et femmes engagés en politique, socialistes, communistes, écologistes, rassemblons-nous pour prendre le pouvoir et le rendre au peuple.
Chers amis, chers camarades,
Nous sommes en train de construire quelque chose d’inédit. Nous refaisons de la politique une affaire citoyenne et populaire. Nous sommes en train de redonner à la gauche sa véritable mission : changer la vie, changer le monde.
Nous sommes en train d’imaginer un gouvernement qui serait un outil au service de nos combats. Ce sont des défis formidables. Alors je joue la gagne ; je joue la gagne parce que nous sommes majoritaires et que les moyens existent pour une autre politique. Je joue la gagne car l’actualité est de redonner au peuple sa souveraineté et de mettre les ressources de notre planète au service de l’émancipation humaine. Je joue la gagne parce que vous êtes ici, parce que nous sommes rassemblés forts de nos colères et de nos aspirations.
En 2005, à la fin des meetings pour le non, je disais souvent : fermez les yeux, imaginez la tête des partisans du oui si le non l’emporte.
Ce que j’ai envie de vous dire aujourd’hui : fermez les yeux ! Imaginez ce qui pourrait se déclencher dans ce pays si, avec la gauche populaire, vous créiez encore la surprise.
Alors allons-y ! Nous sommes toutes et tous ici en campagne.
Allons transformer nos colères, nos luttes et nos espoirs en une vraie politique de changement !
Oui, nous allons gagner !
http://www.mgbuffet.org/article.php3?id_article=191
De : Marie-George Buffet
lundi 18 septembre 2006
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