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travail a temps plein

 
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Leutromo-V
Créatrice/Créateur d'idéologie


Inscrit le: 04 Oct 2006
Messages: 360
Localisation: ca depend du moment, mais habituellement, pres de paris, dans le 93

Posté le: Ven Oct 06, 2006 7:38 am 
MessageSujet du message: travail a temps plein
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C’est fou ce qu’on peut être aveugle à pratiquement tout ce qui nous entoure.

On ne se figure pas toujours que notre environnement garde les traces des histoires dont il a été témoin.

Par exemple, une simple empreinte de pas sur un trottoir peut signifier que ce matin, un homme, appelé Marc, s’est rendu de chez lui jusque chez son collègue pour lui rendre un CD qu’il lui avait emprunté l’avant-veille.

Pareil, cette tache sombre, grande comme un vieux vinyle, la voyez-vous ?

Non ?

Pourtant, si vous scrutez attentivement le bitume, vous la verrez certainement et elle aurait aussi son lot d’histoire à raconter.

A priori, il pourrait s’agir de soda renversé, le sucre du liquide aura collé à lui toutes les poussières et autres résultantes de la pollution. Il pourrait en être effectivement ainsi, mais comme je suis à l’origine de cette tache, je sais qu’il n’en est rien. On gardera l’explication du soda pour le tout venant, pour ne pas effrayer les enfants.

J’ai un travail qui n’est pas des plus passionnants, je tue des gens. N’importe qui. Enfin non, pas vraiment n’importe qui mais cela pourrait effectivement être vous, pour peu qu’une de vos connaissances vous en veuille pour un motif quelconque. Cela va de l’homme que sa femme a trompé et qui va vouloir faire éliminer l’un ou l’autre –ou les deux- à l’origine de l’humiliation subie jusqu’à l’homme d’état pressé de voir disparaître le témoin gênant d’une partie de jambe en l’air avec qui il ne fallait pas qu’il soit vu. Bien sur, la plupart de mes clients ne sont pas que des libidineux ou des outragés voulant la mort d’autrui pour une histoire de fesse mal venue, je travaille aussi pour des gens de l’ombre, ce que vous appelleriez peut être des mafieux.

Je dois aussi très certainement être à l’origine de pas mal de crimes non résolus car, depuis peu, mon métier à vu une évolution significative. Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire d’avoir un motif valable pour faire appel à mes services, on peut me louer pour descendre le premier venu. « Dans l’temps », je n’aurais pas accepté ce que j’aurais alors appelé une ignominie. Mais aujourd’hui est différent, je fais moins la fine bouche, nous évoluons tous, parait-il, cette tache sombre me le rappelle tous les jours où je passe dans ses parages.

C’était en 1993, en plein été, Björk venait tout juste de sortir son album Debut. Nous étions encore sous la période mitterrandienne, mais en tant qu’inconnu notoire, je n’avais ni carte d’électeur, ni même le moindre papier d’identité. Il m’est d’ailleurs arrivé quelques fois de subir un contrôle de police à ce sujet, avec, une seule fois, une issue définitive pour un policier. Je n’ai rien contre eux, je ne les empêche pas de faire leur boulot, mais j’aime qu’ils me rendent la pareille, et un séjour derrière les barreaux pourrait me nuire de trop méchante façon. En cet été 93 donc, l’actualité n’était pas à son plus beau fixe. C’est à ce moment là qu’elle me trouva et m’engagea.

Dans mes débuts, il n’était pas simple de m’engager, il fallait me connaître personnellement pour pouvoir bénéficier de mes services, en plus d’avoir la réserve d’argent requise. Cela impliquait une rencontre que je préparais longtemps à l’avance en filant mon client. Je les observais nuits et jours, je récupérais toutes sortes d’informations sous diverses méthodes. Les poubelles m’aidaient un peu, cependant, mes clients habitant souvent dans des immeubles collectifs, cette méthode était bien souvent inefficace mais j’étais jeune et j’imaginais sans doute être plus malin que beaucoup. Le truc qui marchait le plus était la bonne vieille « planque ». D’ailleurs, je reproduisais parfois ce stratagème pour aussi me charger de mes travaux à proprement parler, même si bien souvent je préfère la mise en scène, adorant voir les journaux consacrer un peu de leur temps à des suicides plus ou moins explicables. Avec le temps, je suis devenu moins méfiant, l’expérience m’ayant démontré que finalement, il n’était pas utile de prendre trop de précautions pour trouver des clients.

En aout 1993, je revenais d’un court séjour en Espagne et je m’apprêtais à fureter dans les hautes sphères pour trouver du travail quand une jeune femme un peu paumée, d’une trentaine d’années sans doute, vint me voir pour réclamer mes services.
Elle était triste à voir, marquée par ce qui me paraissait être un terrible chagrin et aussi très certainement par la prise régulière d’une drogue quelconque. Plus encore, je distinguais, par endroits, des bleus et autres traces indiquant que cette femme avait subit récemment quelques violences.
Elle était timide et ne savait pas comment amener son problème. Nous étions dans un parc public, un de mes lieux de travail préférés. Je décidais de la mettre à l’aise en parlant de ce que je pouvais faire pour elle en couvrant mes mots, je ne voulais évidemment pas me compromettre en parlant ouvertement de meurtre dans un lieu public. Il n’y avait pas que mes mots que je couvrais d’ailleurs, car le mieux, dans mon métier, est de ne jamais paraître à découvert, imaginez le genre de situation qui arriverait si je rencontrais un de mes clients dans un magasin alors que je fais mes courses ?

Je vous vois sourire, mais même moi je dois manger, il faut bien que je m’approvisionne, n’est-ce pas ?

Cela dit, aujourd’hui le déplacement physique n’est plus obligatoire, j’ai un ordinateur portable équipé d’un modem Wifi intégré, cela me permet de bénéficier de la connexion internet de voisins n’ayant pas sécurisé leur routeur, ainsi, je peux faire livrer n’importe quoi sous n’importe quel nom à mon domicile.

Mais revenons à cette époque ou la nécessité m’imposait de faire mes courses moi-même.
Cette jeune femme, donc, avait besoin de mes services. Elle me dit être une pauvre prostituée qui voulait en finir avec la domination de son souteneur. Elle avait réussi à mettre pas mal d’argent de côté, en prévision de pouvoir trouver une solution qui la débarrasserait de cet homme violent profitant lâchement de son labeur.
Elle me donna son adresse. Son signalement, un homme paraissant plus jeune qu’il n’était vraiment, me dit-elle, presque l’air d’un gosse. C’était exactement ses mots.
Elle n’avait pas tord, il ressemblait vraiment à un gamin, un gamin de un mètre quatre-vingt dix pour un peu moins de cent kilos, tout de même. Mais tout dans son allure rappelait l’enfant.
Cette femme, si perdue, l'air si malheureux, je décidais, pour une fois, de passer outre mes précautions quasi-paranoïaques et de me mettre au travail sur le champ.

J'ai filé la cible pendant environ une semaine. Il ne travaillait pas, partageant son temps entre le centre commercial et un petit studio minable assez mal aménagé dans une cité universitaire. Je n’ai pas eu de doute à son sujet, il ne travaillait pas, il zonait, ce n’était pas vraiment un homme d’intérieur, n’avait que peu d’amis et ne travaillait donc pas pour la police. Il incarnait, pour moi, le parfait stéréotype du proxénète qui attend d’être un peu à court d’argent avant d’aller frapper une fille pour lui soutirer ce qu’elle aura eu du mal à gagner.

Je passais donc rapidement à l’action, un matin, je profitais d’une de ses absences pour m’introduire dans son appartement. J’attendis qu’il rentre.
Vers la fin de la journée, il finit par ouvrir la porte d’entrée et resta interloqué de me trouver chez lui. J’avais choisi, pour l’occasion, un complet noir et un par-dessus ciré, lui aussi de couleur noire. Je prolongeais son trouble en gardant un doigt ganté sur ma bouche, l’invitant au silence. Ce faisant, je me dirigeai vers lui, fermant la prote d’entrée à sa place. Ensuite, d’une voix feutrée, je l’invitai à s’installer dans son fauteuil. Visiblement intimidé, il ne broncha pas. Je lui jouais alors mon grand numéro d’homme de la nuit, d’agent officiel en quête d’aide, flattant son esprit aventureux. Au fur et à mesure que se déroulait la trame de mon mensonge, ses yeux brillaient de plus en plus, jusqu’à l’apothéose quand je lui parlai de l’argent qui lui serait versé en échange des services rendus. Il était enthousiasmé, peu enclin à émettre le moindre doute à propos de mon histoire. Il me facilita grandement la tache car son excitation très visible me fournit l’occasion rêvée de lui proposer de fêter ça en trinquant à sa santé. Il faut préciser que je n’avais pas investi son studio sans voir mis de côté l’ensemble de ses boissons. Je les avais remplacées par de bouteilles identiques en prenant bien soin de les vider juste ce qu’il fallait quand c’était nécessaire et en introduisant dans toutes une dose de somnifères qui aurait tué un éléphant, cela n’était qu’un prolongement de ma planque le concernant.
Nous trinquâmes donc, je fis semblant de boire une gorgée et je prétextai finalement de devoir vite rejoindre mes supérieurs pour leur annoncer un nouveau venu dans nos services. Il se sentit soudain une âme d’agent secret et d’un œil méfiant m’invita à faire le nécessaire en utilisant son téléphone. Je rétorquais qu’il n’était pas prudent de faire passer ce type de message autrement que de vive voix dans un endroit approprié, cela lui plut grandement, il parut vraiment en confiance, je le laissais donc pour le moment.
Je retournais à ma camionnette à l’intérieur de laquelle je me changeais et j’attendis que la nuit s’installe franchement.
Quand le moment me parut propice, je remontais chez lui. Il était étendu, évidemment mort, à la place ou je l’avais laissé en partant. Je vidai alors toutes ses bouteilles dans l’évier, les remplaçai par les originales, vidant un peu plus celle qu’il était censé avoir ouverte et lavai soigneusement le verre qu’il m’avait servi. Ensuite, je déposai plusieurs plaquettes de somnifères vidée à ses côtés, ne touchant finalement pas au verre qu’il avait utilisé. Apres tout, il pouvait très bien avoir choisi de mélanger ses médicaments dans son breuvage pour qu’ils passent plus facilement. Après quoi, je rentrai chez moi.

Quelques temps plus tard, j’appris que ce jeune homme n’était en rien un proxénète, je me décidais finalement à prendre en filature la jeune femme qui m’avait engagé, bien décidé à découvrir les raisons qui l’avaient poussée à me mentir pour me faire tuer ce jeune homme.
Comme vous vous en doutez peut être, elle n’était pas prostituée. Elle s’appelait Solange et avait vingt-six ans. C’était une petite bourgeoise méprisante encore à l’école et qui avait fait un pari avec une petite pimbêche dans son genre. Chez elles, la vie n’avait aucune valeur.
Ca peut vous étonner venant de moi, mais j’accorde tout de même un prix à la vie, sinon, je tuerais pour rien. Mais l’attitude de ces deux inconscientes m’énerva au plus haut point, je décidai de prendre en charge Solange à mes frais.

Et donc, peu de temps après la mort du jeune homme, je pénétrais dans l’appartement de la jeune fille, réitérant l’effet produit sur le pauvre garçon sur cette écervelée. A ceci près que je ne lui laissais pas le temps de se rendre compte de ma présence. Quand elle rentra, tard dans la nuit, je la laissai refermer la porte de son grand appartement dominant la majeure partie des toits de la ville. Je l’observais d’un recoin sombre, attendant qu’elle soit suffisamment proche d’une fenêtre. Quand le moment fut propice, je m’élançais le plus rapidement possible, la ceinturant au passage pour la projeter dans le vide, accompagnée d’une pluie de verre brisé.
Ensuite, passant par les toits, je ressortis par un autre immeuble pour contempler son corps disloqué sur le trottoir, une petite flaque de sang se formant sous sa tête alors que la sirène des secours résonnait non loin. Il ne me restait plus qu’à me retirer laissant les quelques badauds conjecturer sur cette chute qu’on classerait sans doute elle aussi parmi les nombreux suicides « inexpliqués ».

Voila donc l’histoire de cette tache sur le bitume.
La voyez-vous maintenant ?
Toujours pas ?

Vous avez sans doute raison, nombre de vomissures, déjections canines et même très certainement plusieurs chutes de sodas en tous genre sont venus altérer et effacer cette flaque de sang, il n’y a plus que moi qui remarque encore cette trace.

Mais je vous laisse, voila Marc qui repasse, il faut aussi que je le prenne en charge, son collègue, Sylvain, a récemment appris qu’il ne pouvait bénéficier d’une promotion qui allait bien injustement, selon lui, à ce fameux Marc.

A bientôt peut être.
 
   
Auteur Message
michel
Mi-Rêveur/se...Mi-rêveur/se


Inscrit le: 04 Juil 2005
Messages: 58
Localisation: 86

Posté le: Ven Oct 06, 2006 7:41 pm 
MessageSujet du message: travail a temps plein
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Salut l'artiste,

Josie se joint à moi et vous embrasse tous les 3.

A trés bientôt, Michel. Very Happy
 
   
Auteur Message
Leutromo-V
Créatrice/Créateur d'idéologie


Inscrit le: 04 Oct 2006
Messages: 360
Localisation: ca depend du moment, mais habituellement, pres de paris, dans le 93

Posté le: Sam Oct 07, 2006 7:05 am 
MessageSujet du message:
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suis-je déjà mis à découvert ?

des informations me compromettant auraient-elles déjà été divulguées ?

en tout état de cause, je vous embrasse aussi Wink
 
   
Auteur Message
michel
Mi-Rêveur/se...Mi-rêveur/se


Inscrit le: 04 Juil 2005
Messages: 58
Localisation: 86

Posté le: Sam Oct 07, 2006 9:29 am 
MessageSujet du message: en tout état de cause...
Répondre en citant

Ton style d’écriture surtout, plus cette imagination débordante c’est bien là ta signature.

Si j’avais un doute sur ton premier poste, le titre du deuxième, en dit long…

Puis à force de trop donner, on fini par se faire bouffer, donc tu as bien fait de prendre du recule.

La liberté c’est vachement important !!!

Amitié, Michel
 
   
Auteur Message
Leutromo-V
Créatrice/Créateur d'idéologie


Inscrit le: 04 Oct 2006
Messages: 360
Localisation: ca depend du moment, mais habituellement, pres de paris, dans le 93

Posté le: Sam Oct 07, 2006 10:06 am 
MessageSujet du message: Re: en tout état de cause...
Répondre en citant

michel a écrit:
Ton style d’écriture surtout, plus cette imagination débordante c’est bien là ta signature.

Si j’avais un doute sur ton premier poste, le titre du deuxième, en dit long…


zut, moi qui n'avais pas produit ca avec une quelconque arriere pensée, je me demande comment ce titre a pu me trahir, il est venu comme ca, tout seul (sans faire expres pourrais-je dire !)

michel a écrit:

Puis à force de trop donner, on fini par se faire bouffer, donc tu as bien fait de prendre du recule.

La liberté c’est vachement important !!!

Amitié, Michel


j'ai pas l'impression d'avoir tellement donné, mais il est clair que je ne me laisserai plus manger aussi facilement Wink
 
   
Auteur Message
michel
Mi-Rêveur/se...Mi-rêveur/se


Inscrit le: 04 Juil 2005
Messages: 58
Localisation: 86

Posté le: Sam Oct 07, 2006 11:09 am 
MessageSujet du message:
Répondre en citant

Citation:


Le rôle du subconscient peut être,

Le cerveau humain est un organe qui comprend approximativement 30 milliards de neurones. Il est à la source de toute notre vie, que ce soit végétative, affective, motrice et intellectuelle. En fait, ce qui explique tous nos comportements à travers tous les aspects de notre vie relève à 90 % de notre subconscient.




Tu donnes beaucoup de ton temps et de ton énergie.

Puis je constate que ta combativité se renforce :YEAM:
 
   
Auteur Message
manu
La tête dans le ciel...


Inscrit le: 17 Juin 2006
Messages: 187

Posté le: Sam Oct 07, 2006 11:49 am 
MessageSujet du message:
Répondre en citant

Bonjour
J’aurais pu mettre bonjour Léon, bonjour Nikita aucun des deux ne c’est retourné contre son employeur maintenant tes découverts alors attention
manu
 
   
Auteur Message
Narcisse 74
Bientot, la consécration


Inscrit le: 18 Avr 2006
Messages: 403

Posté le: Sam Oct 07, 2006 12:54 pm 
MessageSujet du message: Courte disparition
Répondre en citant

Leon, nettoyeur...On efface toutes les tâches et on recommence alors ?
 
   
Auteur Message
Leutromo-V
Créatrice/Créateur d'idéologie


Inscrit le: 04 Oct 2006
Messages: 360
Localisation: ca depend du moment, mais habituellement, pres de paris, dans le 93

Posté le: Dim Oct 08, 2006 7:53 am 
MessageSujet du message:
Répondre en citant

"on efface", je ne sais pas, pour les taches, je saisis bien, mais je prends la bonne resolution d'ignorer le representant de la mauvaise fois qui refuse de voir son tord.

car il est humainement impossible de lui faire comprendre quelle blessure il a infligé, donc je jete l'eponge (et ne lui jeterai pas mon gant, ce serait rajouter au chaos ambiant).

on va aborder la partie sombre de ce que je suis Twisted Evil

et comme je crois en la nature fractale des choses, la nuit que je vais devoiler sera aussi une representation de moi-meme dans mon entier (ou "lorsque la partie represente le tout") Wink
 
   
Auteur Message
Narcisse 74
Bientot, la consécration


Inscrit le: 18 Avr 2006
Messages: 403

Posté le: Dim Oct 08, 2006 9:16 am 
MessageSujet du message: renaissance
Répondre en citant

Tentons d'ignorer alors, soit...Et advienne que pourra.
 
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